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Robert F. Kennedy Jr. : quand un ministre de la Santé défie la science et la décence

En février 2026, Robert F. Kennedy Jr., secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, a choqué l’opinion publique en déclarant lors d’un podcast : *« Je n’ai pas peur des microbes… J’ai sniffé de la cocaïne sur des cuvettes de toilettes. »* Une confidence aussi crue qu’inattendue, censée illustrer son absence de crainte face au Covid-19. Mais au-delà du scandale médiatique, ces propos révèlent une personnalité aussi controversée que dangereuse pour la santé publique. Qui est vraiment cet héritier du clan Kennedy, devenu l’un des visages les plus virulents de l’anti-vaccination ? Et pourquoi ses déclarations, bien au-delà de l’anecdote, menacent-elles les fondements mêmes de la politique sanitaire ?

Un héritage prestigieux, un parcours sulfureux

Robert Francis Kennedy Jr., né en 1954, est le troisième des onze enfants de Robert F. Kennedy, ancien ministre de la Justice et candidat à la présidence assassiné en 1968. Neveu de John F. Kennedy, il grandit dans l’ombre d’un nom synonyme de pouvoir et d’engagement politique. Pourtant, son parcours s’éloigne rapidement de l’héritage progressiste de sa famille.

Avocat de formation, il se spécialise dans le droit de l’environnement et fonde en 1984 le *Waterkeeper Alliance*, une organisation dédiée à la protection des cours d’eau. Une carrière militante qui lui vaut une certaine reconnaissance… jusqu’à ce qu’il bascule dans le conspirationnisme. À partir des années 2000, il se fait connaître pour ses positions anti-vaccins, reprenant à son compte la théorie infondée d’un lien entre vaccination et autisme, popularisée par le médecin britannique Andrew Wakefield (dont les travaux ont été discrédités et retirés).

En 2016, il cofonde *Children’s Health Defense*, une organisation accusée de diffuser massivement de la désinformation sur les vaccins. Pendant la pandémie de Covid-19, il devient l’une des figures de proue du mouvement anti-vax aux États-Unis, multipliant les déclarations chocs et les théories du complot. Son ascension culmine en 2024, lorsqu’il est nommé secrétaire à la Santé par Donald Trump, une décision aussi surprenante que controversée.

*« J’ai sniffé de la cocaïne sur des cuvettes »* : une déclaration symptomatique

Les propos tenus en février 2026 ne sont pas une simple provocation. Ils s’inscrivent dans une stratégie de communication bien rodée : choquer pour marquer les esprits, quitte à banaliser des comportements dangereux. En évoquant sa consommation passée de cocaïne dans des toilettes publiques, Kennedy Jr. cherche à se présenter comme un homme « sans peur », capable de défier les normes sanitaires. Une posture qui, pour ses détracteurs, relève davantage de l’irresponsabilité que du courage.

Plusieurs personnalités politiques ont réagi avec consternation. Kathy Hochul, gouverneure de New York, a qualifié ses propos d’*« inacceptables pour un responsable de la santé publique »*, tandis que le représentant démocrate Malcolm Kenyatta a dénoncé une *« glorification de la toxicomanie »*. Mais au-delà de l’indignation morale, c’est la crédibilité même de Kennedy Jr. en tant que ministre qui est remise en cause.

Car si ses déclarations sur la cocaïne ont fait le buzz, elles ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Depuis son arrivée à la tête du département de la Santé, il a multiplié les décisions et les prises de parole allant à l’encontre des consensus scientifiques.

Un ministre anti-science : les dérives d’un responsable de la santé publique

1. La désinformation vaccinale : un combat obsessionnel

Kennedy Jr. est avant tout connu pour son militantisme anti-vaccination. Ses théories, largement réfutées par la communauté scientifique, ont pourtant trouvé un écho auprès d’une partie de la population américaine, déjà méfiante envers les institutions.

2. Un bilan désastreux à la tête du département de la Santé

Depuis sa nomination, Kennedy Jr. a pris plusieurs décisions qui ont alarmé les experts en santé publique :

3. Des théories du complot à répétition

Kennedy Jr. ne se contente pas de s’attaquer aux vaccins. Il a également relayé des théories conspirationnistes sur d’autres sujets :

Pourquoi ses propos sont-ils dangereux ?

Au-delà du caractère choquant de ses déclarations, les positions de Kennedy Jr. posent un problème majeur : elles sapent la confiance dans les institutions scientifiques et sanitaires. En occupant un poste clé au sein de l’administration américaine, il légitime des idées qui, jusqu’ici, étaient cantonnées aux marges complotistes.

Conclusion : un héritage empoisonné

Robert F. Kennedy Jr. incarne une contradiction troublante : héritier d’une famille symbole de l’engagement progressiste, il est devenu l’un des principaux relais de la désinformation sanitaire aux États-Unis. Ses déclarations sur la cocaïne, aussi provocatrices soient-elles, ne sont que la partie visible d’un combat bien plus large contre la science et les institutions.

À l’heure où les défis sanitaires se multiplient – résistance aux antibiotiques, nouvelles pandémies, changement climatique –, son bilan à la tête du département de la Santé est alarmant. Ses prises de position ne relèvent pas seulement de la liberté d’expression : elles mettent en danger des vies.

Alors que les États-Unis font face à une recrudescence de maladies évitables, une question se pose : jusqu’où un responsable politique peut-il aller dans la négation des faits scientifiques avant d’être tenu pour responsable ?

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*Sources :*

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