Les « Bulles de filtres » parlent à la « pensée unique » : Pourquoi les sondages se trompent.
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Depuis 2005 et le « non » français au référendum pour une constitution européenne, il est devenu habituel voire systématique de voir les sondages et médias traditionnels se tromper lourdement sur les résultats des votes. Derniers exemples en date : le Brexit, Donald Trump et François Fillon, grand vainqueur de la primaire de la droite et du centre, crédité il y a encore quelques semaines de 10% des intentions de vote…

Élément d’explication ? La désintermédiation de l’information permise par Internet qui conforte paradoxalement chacun dans ses convictions et réduit les médias traditionnels en acteur de la « pensée unique » qu’il faut désormais contredire. Il ne fait plus bon d’être le favori des médias.

Internet se substitue aux médias traditionnels…
Internet, plus massif, plus rapide, plus pénétrant car s’adaptant aux attentes de chacun s’est progressivement substitué aux médias traditionnels au nombre plus restreint donc moins rassembleur. Les internautes ont ainsi pu prendre la parole puis critiquer les médias traditionnels devenus dans les grandes lignes « journalistes bobos, acteurs de la pensée unique »…

… diffuse une information pléthorique…
Cependant, Internet a mis sur le même plan d’égalité l’ensemble des informations, qu’elles soient vraies, argumentées, hiérarchisées ou qu’elles soient au contraire, fausses, diffamatoires ou démagogues. Seuls les politiques font l’objet d’analyse et de fact checking, les informations diffusées sur Internet ne le sont que rarement et quand elles le sont, les nombreuses théories du complot prennent le relais pour légitimer ces fausses informations.

… au sein de « bulles de filtres » qui confortent chacun dans ses convictions.
Sur la base de ces informations vraies ou fausses, chacun y trouve son compte, les algorithmes ainsi que les groupes d’amis sur les réseaux sociaux créent des « bulles de filtres » en « enfermant » chacun dans ses convictions, elles-mêmes confortées par son cercle proche réel ou virtuel ne permettant pas à des contradicteurs d’être introduits dans les débats permettant un certain rééquilibrage. Le serpent se mort la queue. La diversité de l’information n’existe alors plus.

Sûrs de leurs opinions, les internautes retrouvent un certain pouvoir face à des médias traditionnels et par esprit de contradiction vont les faire mentir pour mieux in fine les critiquer.

    Vianney