Après les retraits de l’Unesco, de l’accord de Paris sur le climat, du traité de libre-échange en Asie-Pacifique, de  l’ALENA, des fonds fédéraux d’ONG internationales soutenant l’avortement… et dénonçant « le pire accord jamais signé par les Etats-Unis » depuis  sa campagne afin de satisfaire son extrême droite et pour défaire de manière irrationnelle tout ce qu’a réalisé son prédécesseur, Barack Obama, l’actuel président américain Donald Trump a annoncé sortir son pays de l’accord sur le nucléaire iranien.

Cet accord signé à Vienne en Autriche le 14 juillet 2015 après 12 années de négociations par les « 5 +1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et Téhéran à contrôler le programme nucléaire iranien et à faire lever les sanctions économiques qui touchaient le pays depuis le  milieu des années 2000.

Donald Trump estime que l’Iran ne respecte pas l’accord en « continuant à enrichir l’uranium et d’atteindre la capacité à produire l’arme nucléaire ». Cependant, l’Agence internationale de l’énergie atomique a déclaré aujourd’hui que le pays « est placé sous le régime de vérification nucléaire le plus solide au monde ».

Outre le fait que ce retrait amoindrit la crédibilité des Etats-Unis a honorer les accords internationaux incarnant ainsi le désordre mondial, que l’Iran, important producteur/exportateur de pétrole, va être empêché d’en vendre augmentant de manière automatique le prix du baril (70$ actuellement), que le président « réformateur » Rohani est désormais affaibli voire humilié mettant en avant les plus radicaux (l’ayatollah Khamenei, Guide Suprême iranien déclare qu’il ne fait « pas confiance à la France, au UK, et à l’Allemagne »)  augmentant ainsi le risque d’une reprise du programme nucléaire militaire déstabilisant ainsi encore plus la région et accélérant la course aux armements (dépenses militaires par rapport au PIB en augmentation de +10% par rapport à 2008 pour l’Arabie Saoudite), Israël pourrait décider de frapper les installations nucléaires iraniennes.

Pour les exportations françaises, ce retrait est également déstabilisateur car Donald Trump a opté pour la version la plus dure appliquant un principe d’extraterritorialité : interdire à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. L’Iran a récemment passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et signé un contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. L’ambassadeur américain en Allemagne a appelé hier les groupes allemands à cesser leurs activités dans le pays « immédiatement ».

    Vianney