L’accueil fait au président iranien Hassan Rohani était-il déplacé ?
Pas d\'accord / D\'accord

François Hollande a reçu le 27 janvier le Président de la République islamique d’Iran, M. Hassan Rohani afin notamment de signer des accords commerciaux : commande de 118 avions Airbus et retour de PSA en Iran.

Comme le précise une lettre ouverte de 60 parlementaires de la majorité et de l’opposition adressée à François Hollande, le bilan du régime des mollahs en matière de respect des droits de l’homme est accablant : La théocratie iranienne est l’un des régimes les plus liberticides de la planète (…) M. Ahmed Shaheed, Téhéran « continue d’exécuter plus d’individus par habitant que l’ensemble des autres pays du monde« . L’accession à la présidence de M. Rohani n’a malheureusement pas apporté l’infléchissement espéré. Pire, le rythme des exécutions s’est accéléré depuis son arrivée au pouvoir et leur nombre a explosé (près de 2000 exécutions entre 2013 et 2016).

Ainsi, l’éternel déb** entre politique et morale se pose.

Cependant, en accueillant des visiteurs étrangers, en favorisant le commerce avec des pays dits démocratiques, nous sommes en droit d’espérer que le régime des mollahs soit de plus en plus remis en question par les iraniens eux-mêmes renforçant les initiatives intérieures d’émancipation et de lutte pour les égalités. Ainsi, tout ce qui peut aider les actions intérieures pour plus d’égalité (candidature de femmes et de réformateurs aux élections) doit être mené.

De plus, en dialoguant avec les dirigeants de ces pays, il est possible de condamner publiquement les appels répétés des dirigeants iraniens à la destruction d’Israël et le négationnisme d’état pratiqué par le régime des mollahs et de mettre à profit cette visite pour exiger de l’Iran la libération des prisonniers politiques et plus largement des progrès tangibles en matière de respect des droits de l’homme et notamment des minorités religieuses et ethniques.

Sans visite officielle, point de dialogue.

    Vianney