TL;DR

  • Le 11 juillet 2026, 126 632 candidats restaient sans proposition sur Parcoursup, contre 102 844 le 10 juillet 2025, alors que les candidats étaient 66 000 de plus.
  • L'accès reste inégal : 96,3 % des bacheliers généraux ont reçu au moins une proposition, contre 79,1 % des bacheliers professionnels.
  • Environ 73 000 places restaient vacantes en fin de procédure, mais les bilans repris par la presse ne disent ni dans quelles filières ni dans quels territoires.
  • Supprimer la plateforme, comme le demande l'USL, ne créerait aucune place : il faut financer selon les étudiants accueillis, publier les places vacantes et aider les étudiants mobiles à se loger.

Plutôt que supprimer Parcoursup, il faut financer les places selon les étudiants accueillis, publier les places vacantes et aider les étudiants mobiles à se loger.

Le 11 juillet 2026, au terme de la phase principale de Parcoursup, 126 632 candidats n'avaient reçu aucune proposition d'admission. À la même étape en 2025, le 10 juillet, ils étaient 102 844. Entre-temps, la plateforme a compté 1 046 000 candidats, 66 000 de plus qu'en 2025, dont 206 000 étudiants en réorientation, en hausse de 23 000.

L'Union syndicale lycéenne demande la suppression de Parcoursup. Le vrai problème n'est pourtant pas la plateforme : elle répartit des places, elle n'en crée aucune. Le problème, c'est l'offre : combien de places, où, et avec quelles incitations à les ouvrir.

Les écarts d'accès le montrent. Au moins une proposition est parvenue à 96,3 % des bacheliers généraux, 88,9 % des bacheliers technologiques et 79,1 % des bacheliers professionnels. Les étudiants en réorientation sont à 79,2 %, avec 3,7 propositions en moyenne. Les saisines des commissions d'accès à l'enseignement supérieur sont passées de 22 235 en 2025 à 32 202. Plus de 80 000 candidats ont obtenu une proposition en phase complémentaire, et environ 73 000 places restaient vacantes en fin de procédure. Les bilans repris par la presse ne disent ni dans quelles filières ni dans quels territoires.

Cette lacune empêche de trancher entre manque de places et places mal situées. Elle cache aussi la question des incitations. Si une formation reçoit les mêmes moyens qu'elle accueille ou non un étudiant de plus, rien ne la pousse à ouvrir des places ni à recruter les profils qu'elle écarte. La sélection devient alors un rationnement, et la place acquise une rente.

On objectera que les finances publiques interdisent d'ouvrir des places partout. C'est exact, d'où l'exigence de cibler. Selon Economie Matin, le gouvernement a annoncé le 26 octobre 5 milliards d'euros pour rénover lycées et universités et une refonte de Parcoursup en deux étapes pour 2027-2028 ; les organisations lycéennes jugent ce calendrier trop lointain. Le critère utile est autre : ces moyens suivront-ils les étudiants ?

Trois leviers dessinent un contrat crédible entre générations. Une part du financement des formations suivrait les étudiants accueillis, et toute formation habilitée ouvrant des places dans un domaine demandé y aurait accès. Une carte annuelle des places vacantes serait publiée par filière, territoire et voie, alors que plus de 25 000 formations sont proposées, dont 11 000 en apprentissage. Enfin, une aide au logement ciblée soutiendrait les étudiants qui acceptent une place loin de chez eux.

Supprimer une plateforme ne crée aucune place. Les financer là où vont les étudiants, si.

Sources