TL;DR

  • Le samedi 7 novembre, la coordination des gilets jaunes organisait un acte IV, quatrième samedi consécutif de mobilisation contre la vie chère depuis le 17 octobre.
  • Le 4 novembre, l'Assemblée a rejeté le budget 2027 en première lecture : une concession permanente non financée serait fragile.
  • Selon le CAE, la productivité française progresse de 0,8 % par an depuis 1995, contre 1,7 % aux États-Unis : c'est là que se joue le pouvoir d'achat durable.
  • Proposition : un transfert de six mois via la prime d'activité, un plan de productivité de 0,2 point de PIB par an financé par un recentrage du crédit d'impôt recherche, et des échéances publiques.

Contre la vie chère, l'État doit borner les transferts au choc passager et engager, chiffres et dates à l'appui, un plan de productivité.

Le samedi 7 novembre, la coordination des gilets jaunes organisait un acte IV « pour l'égalité réelle », quatrième samedi consécutif de mobilisation contre la vie chère depuis le 17 octobre. La grève du 5 novembre avait réuni 1,6 million de personnes selon la CGT, 575 000 selon les autorités. Le 4 novembre, l'Assemblée a rejeté le budget 2027 en première lecture, faute d'adopter sa partie recettes.

Le vrai problème n'est pas seulement le prix du jour, c'est un revenu qui suit mal. Selon une note du Conseil d'analyse économique de septembre 2026, la productivité française ne progresse que de 0,8 % par an depuis 1995, contre 1,7 % aux États-Unis. Or, à terme, le salaire réel suit la productivité.

Deux maux se superposent. Un choc de prix passager se compense par un transfert passager, sans graver une dépense permanente. Un retard durable tient à la lenteur de diffusion des technologies et aux marchés où les acteurs installés ne craignent aucun entrant : les gains restent chez eux au lieu de passer dans les prix ou les salaires. Des chèques ne guérissent pas ce second mal.

La note du CAE en tire un programme « France 2040 » d'au moins 0,2 point de PIB par an pour aider les entreprises à adopter l'IA. Elle juge aussi le crédit d'impôt recherche loin d'être autofinancé et capté par les grands groupes. Une partie de l'argent existe donc : elle est mal fléchée.

On objectera que la productivité ne remplit pas le panier de novembre. C'est exact, et l'urgence des bas revenus est légitime. Mais une hausse générale et permanente, décidée sous la pression alors que le budget vient d'être rejeté, serait financée par la dette ou reprise par les prix.

D'où un contrat en trois engagements chiffrés. Côté public, un transfert aux bas revenus par la prime d'activité, limité à six mois et reconduit seulement si les prix publiés par l'Insee l'exigent. Côté productivité, le programme de 0,2 point de PIB par an, financé d'abord par un recentrage du crédit d'impôt recherche vers les PME et les jeunes entreprises. Côté marché, des avis de l'Autorité de la concurrence sur les carburants et la distribution alimentaire au 31 mars 2027, suivis d'un tableau de bord trimestriel public.

Une concession arrachée un samedi se renégocie le suivant. Un engagement daté et chiffré se vérifie.

Sources

Pour aller plus loin sur arguments.fr